Vois-tu mes larmes muettes assécher les rues ?
Dans le bruit des villes, des silences racontent la fragilité des êtres perdus entre labeur et mélancolie de l’âme. Vois-tu leurs larmes se déverser insensiblement dans les rides et le bitume des trottoirs fumants ? Les villes boivent-elles leurs tourments ?
Ils sont légion à se débattre dans ces tumultes, à exorciser leur peine, à perdre leur souffle vital devant tant d’expériences intérieures de sécheresse. Ils restent gris. Ils sont les témoins des âges urbains, des métropoles criantes. Ici, l’un se noie sans eau, l’autre écrit sans encre, un autre appelle sans un cri. Leurs plaintes sont absorbées par le béton. Seules les larmes jaillissent des stigmates invisibles. Ils appellent leurs ombres qu’ils ont perdues. Rien n’échappe à leurs yeux , ils cicatrisent leurs plaies à coups de gouttes magiques. Pendant que certains avalent leur solitude, cet abîme qu’aucune bouchée ne rassasie, certains tombent, isolés comme hier, sans qu’aucune main ne vienne les relever.
La tristesse se lit jusqu’à l’infini d’une ville qui ne répare plus les agonies silencieuses alors ils crient des larmes qui assèchent les pavés.
Aucune photo dans cette série.