Justine
GEORGET-TAZZOLIO
Formée très jeune au dessin et à la peinture, que je pratique de mes 9 ans jusqu’à l’âge de 20 ans, j’ai développé une sensibilité précoce au geste, à la matière et aux zones d’ombre du réel. Cette approche plastique s’est développée en parallèle de mes études universitaires, menées jusqu’à un master de recherche consacré à l’architecture funéraire du XIXᵉ siècle. En 2020, la photographie entre dans ma vie lorsqu’on m’offre mon premier appareil. Ce geste déclenche un basculement : je découvre un langage qui me correspond pleinement, au point d’en faire progressivement mon métier. C’est dans cette continuité que s’inscrit aujourd’hui ma pratique photographique. Celle-ci explore l’ombre de l’individu, la part qui demeure cachée, parfois même au sujet lui-même. Guidée par des impulsions visuelles instinctives, je suis guidée par ma résonance intérieure plutôt qu’une intention rationnelle. Je pratique essentiellement la street photography, tout en m’aventurant parfois dans d’autres territoires. Le monochrome me permet de créer un cocon de pureté où la substantifique moelle peut s’imprimer. Je me concentre sur les tensions silencieuses, les arêtes brutes et les fractures subtiles, capturant ces instants fugitifs où quelque chose de plus latent traverse le visible. Mon esthétique, viscérale et sans concession, dévoile une vérité nue, parfois dérangeante, profondément humaine.
Séries
Vois-tu mes larmes muettes assécher les rues ?
Cachés sous le vernis miroitant des apparences et des distractions des villes modernes, apparaissent des individus atomisés, dominés par des émotions élémentaires de désespoir et de fatigue de vivre. Toute présence s’accompagne d’une absence fondamentale, sorte de néant aspirant les corps, engloutissant les énergies. Le point de référence est très local, émis par la seule voix d’un être, tout en utilisant le vaste espace urbain de développement du sujet.