Derrière la fenêtre
Quand j’étais enfant, assise à l’arrière de la voiture de mes parents, je passais mon temps à observer les fenêtres éclairées de la ville. Derrière chaque lumière, j’imaginais des vies entières : des inconnus, avec leurs habitudes, leurs joies, leurs silences. Des vies semblables à la mienne, et pourtant totalement différentes. Je me demandais alors : étaient-elles meilleures ? Et à quoi ressemblerait la mienne, plus tard ?
Aujourd’hui, à travers la photographie de rue, je retrouve ce même jeu d’imagination. Derrière chaque fenêtre capturée, il y a une histoire que je ne connais pas, mais que je devine. Mes images ne montrent pas seulement des scènes, elles prolongent ces questions d’enfance, ces récits invisibles que l’on invente en regardant sans être vu.
Photographier “derrière la fenêtre”, c’est observer à distance, entre curiosité et retenue, et laisser à chacun la liberté d’imaginer ce qui ne se voit pas.