Les passagers du temps

2019-2025 | Nice

« Le Temps nous égare, le Temps nous étreint,
le Temps nous est gare, le Temps nous est train » Jacques Prévert

Le temps ne passe pas.
Il nous dépasse, il nous traverse.

Il nous perd dans ses détours invisibles,
nous retient dans des instants suspendus,
nous emporte sans bruit d’un point à un autre,
sans que rien ne semble vraiment commencer ni finir.

Cette série s’inscrit dans une lenteur volontaire, presque méditative;
La météo n’y est pas décor, ni prétexte à de beaux ciels.
Elle agit.
Elle pèse sur les corps, traverse les silhouettes, efface les contours, érode et peut tout emporter.
Elle est le langage par lequel le temps se dit.
un espace où le regard s’attarde, où les gestes deviennent rares,
où le monde paraît tenir dans un souffle.

Entre ce qui a été et ce qui pourrait advenir,
le présent vacille et les souvenirs glissent, doucement, vers le passé,

Les désirs, eux, ouvrent des lignes fragiles vers l’avenir,
des directions incertaines, des appels sans réponse.

La météo n’est ici qu’un voile,
une surface visible derrière laquelle autre chose se joue.
Le vent, la lumière, les nuages deviennent des signes,
les traces d’un passage plus profond,
plus silencieux.

Il est question d’attente,
mais d’une attente sans objet.

D’une solitude habitée,
où l’on n’est jamais tout à fait seul,
ni tout à fait accompagné.

Quelque chose circule, imperceptible, entre les corps, entre les paysages, dans les interstices.
Les figures humaines apparaissent puis se retirent.
Elles marchent, regardent, traversent, sans jamais vraiment s’ancrer.
Elles sont là et déjà ailleurs.

Le temps devient alors une matière incertaine, romantique, insaisissable, qui tantôt nous perd,
Tantôt nous révèle.

Maussade ?… Radieux ? …Doux ? …
Mais de quoi parles-tu ?… de moi… ou du temps qu’il fait ?…

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